À quoi sert ce modèle de contrat ?
Important : l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017 portant réforme du Code du travail a opéré une modification des instances représentatives du personnel (IRP) : le comité d'entreprise (CE), les délégués du personnel (DP), et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) fusionnent en un comité social et économique (CSE). Les entreprises d'au moins 11 salariés avaient l'obligation de mettre en place leur CSE au plus tard le 1er janvier 2020.
L'article L2326-1 du Code du travail (abrogé par l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017) prévoyait que les élus de la délégation unique du personnel (DUP), dans les entreprises de moins de deux cents salariés, étaient à la fois membres du comité d'entreprise (CE) et délégués du personnel (DP). En vertu de l'article L. 2326-3 (également abrogé par l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017) du même code cependant, le CE demeurait autonome par rapport aux DP et réciproquement.
Depuis le 1er janvier 2019, le crédit d'impôt en faveur de la compétitivité et de l'emploi (CICE) est remplacé par un allégement de cotisations d'assurance maladie (loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018) de 6 points pour les rémunérations allant jusqu'à 2,5 SMIC. Les entreprises ayant une créance de CICE peuvent l'utiliser pour le paiement de l'impôt de 2019 à 2021 (BOFIP-BIC-RICI-10-150-1§ du 4 avril 2018).
De cette façon et lorsque l'entreprise, où avait été mise en place la DUP, utilisait le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), prévu par l'article 244 quater C du Code général des impôts, le CE de cette DUP devait, conformément au contenu de l'article L2323-26-1 du Code du travail, être informé et consulté sur ce point chaque année.
Bon à savoir : s'agissant du comité social et économique, la consultation sur l'utilisation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi était intégrée à la consultation annuelle sur la situation économique et financière de l'entreprise de l'article L. 2312-25 du Code du travail.
L'employeur était dès lors tenu d'informer et de consulter annuellement le CE de la DUP afin d'obtenir de sa part un avis motivé sur les modalités d'utilisation et de bénéfice du CICE par l'entreprise.
La consultation du CE de la DUP s'effectuait lors d'une réunion plénière du seul CE de la DUP (à l'exclusion des DP) :
- si la consultation avait lieu en réunion ordinaire : réunion habituelle au sein de la réunion mensuelle de la DUP ;
- si la consultation avait lieu en réunion extraordinaire : réunion spéciale du seul CE en dehors et en plus de la réunion mensuelle de la DUP ;
- en pratique :
- convocation écrite ;
- inscription du thème de consultation à l'ordre du jour ;
- transmission d'informations écrites ;
- tenue d'une réunion plénière ;
- débat et émission d'un avis motivé adopté par voie de vote des élus titulaires à l'issue du débat.
Le CE devait être informé et consulté avant le 1er juillet de chaque année et, par conséquent, avoir rendu son avis, au plus tard, le 30 juin.
Cette obligation de sollicitation et obtention d'un avis motivé du CE de la DUP était de respect impératif. A défaut, l'employeur s'exposait à des sanctions (article L 2328-1 du Code du travail).