À quoi sert ce modèle de contrat ?
Important : l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017 portant réforme du Code du travail a opéré une fusion des instances représentatives du personnel (IRP) : les délégués du personnel (DP), le comité d'entreprise (CE), la délégation unique du personnel (DUP) et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) sont réunis en un comité social et économique (CSE). Les entreprises d'au moins 11 salariés avaient l'obligation de mettre en place leur CSE au plus tard le 1er janvier 2020.
L'article L2312-59 du Code du travail instaure une procédure d'alerte que chaque élu du CSE, peut initier lorsqu'il constate l'existence de certains faits particuliers au sein de l'entreprise ou de l'association où le CSE est mise en place. Ces faits sont des atteintes dont sont victimes un ou plusieurs salariés.
Cette procédure comporte plusieurs phases impliquant une réaction positive de l'employeur notamment sous forme de participation à une enquête commune puis de prise de mesures spécifiques.
En cas de réaction négative de l'employeur - inaction et/ou refus d'enquête et/ou de prise de mesures - le ou les élus ayant initié la procédure ont la possibilité de saisir le juge prud'homal dans les conditions précisées ci-dessous.
En premier lieu, l'existence de faits spécifiques est impérative :
- atteintes aux droits fondamentaux : racisme, harcèlement sexuel, homophobie, sexisme, discrimination syndicale, espionnage des salariés par l'employeur, violation et/ou non-respect de la vie privée des salariés, etc. ;
- atteintes aux libertés individuelles : restriction démesurée apportée aux opinions des personnes, convictions religieuses ou politiques ou syndicales des personnes, choix vestimentaires des personnes, etc. ;
- atteintes à la sécurité des salariés : exposition des salariés à des dangers et/ou risques physiques à l'occasion du travail ;
- atteintes à la santé des salariés : harcèlement moral, stress excessif, souffrance au travail, dégradation des conditions de travail, etc.
A savoir que l'atteinte peut concerner ou un plusieurs salariés à la fois. Elle doit également être en lien avec l'exécution du contrat de travail et avoir lieu pendant le temps de travail au sein des locaux de travail ou de qui en fait office.
L'atteinte doit rendre nécessaire l'exercice du droit d'alerte par un ou plusieurs élus de la délégation du personnel du CSE (ex-DUP), qui se déroule selon la procédure suivante :
- constat par un ou des élus de la délégation du personnel du CSE de l'existence d'un problème : constat direct ou par témoignage(s) ou demande(s) d'un ou plusieurs salariés ;
- signalement et saisine immédiate de l'employeur (ou de son représentant) avec demande d'enquête commune ;
- éventuelle enquête immédiate relative au problème signalé ;
- éventuelles conclusions de l'enquête ;
- éventuelle prise de mesure(s) par l'employeur (ou son représentant) visant à mettre fin à l'atteinte.
Suite à la saisine de l'employeur (ou de son représentant), les réactions de ces derniers motivant une action prud'homale peuvent être :
- une inaction ou réaction tardive ;
- un refus pur et
simple :
- ou d'enquête commune ;
- ou de prise de mesures mettant fin à l'atteinte ;
- un désaccord
avec le ou les élus de la délégation du
personnel du CSE :
- sur le diagnostique, l'existence des faits à l'issue de l'enquête ;
- sur la nature et l'efficacité des mesures à prendre.
Avant toute action judiciaire, le ou les élus de la délégation du personnel du CSE auront informé le ou les salariés concernés par l'atteinte de leur démarche d'exercice du droit d'alerte et obtenu l'accord du ou des salariés pour agir devant le juge prud'homal.