À quoi sert ce modèle de contrat ?
L’article L2313-2 du Code du travail confère à chaque élu de la délégation unique du personnel (DUP) - agissant es-qualité de délégué du personnel - la prérogative de saisine de l’employeur.
Ceci fait partie intégrante d’un système de droit d’alerte qui a pour objet d’attirer l’attention de l’employeur lorsque sont constatés, dans son entreprise ou son association, des faits spécifiques motivant cette saisine :
- atteintes aux droits fondamentaux : racisme, harcèlement sexuel, homophobie, sexisme, discrimination syndicale, espionnage des salariés par l'employeur, violation et/ou non-respect de la vie privée des salariés, etc. ;
- atteintes aux libertés individuelles : restriction démesurée apportée aux opinions des personnes, convictions religieuses ou politiques ou syndicales des personnes, choix vestimentaires des personnes, etc. ;
- atteintes à la sécurité des salariés : exposition des salariés à des dangers et/ou risques physiques à l'occasion du travail ;
- atteintes à la santé des salariés : harcèlement moral, stress excessif, souffrance au travail, dégradation des conditions de travail, etc.
La procédure légale d'exercice du droit d'alerte s'effectue comme suit :
- constat par un ou des élus de la DUP de l'existence d'un problème : constat direct ou par témoignage(s) ou demande(s) d'un ou plusieurs salariés ;
- signalement et saisine immédiate de l'employeur (ou de son représentant) ;
- enquête immédiate relative au problème signalé : enquête commune de l'employeur (ou son représentant) et des élu(s) de la DUP ;
- conclusions de l'enquête ;
- éventuelle prise de mesure(s) par l'employeur (ou son représentant) visant à mettre fin à l'atteinte visée.
Face à la saisine, l'employeur prend acte et transmet sa décision par le biais d'une réponse écrite :
- soit dans le sens de l'ouverture d'une enquête commune ;
- soit dans le sens d'un refus (motivé) d'ouverture d'une enquête commune.
L’employeur demeurant inactif après saisine peut être assigné - en urgence/référé - devant le conseil de prud’hommes par le ou les élus de la DUP ayant procédé au signalement de l’atteinte, afin d’obtenir par voie de justice :
- la confirmation de l’existence de l’atteinte ayant motivé l’exercice du droit d’alerte ;
- le prononcé (sous astreinte) d’une ou plusieurs mesures destinées à faire cesser cette atteinte.