À quoi sert ce modèle de contrat ?
Bien que la délégation unique du personnel (DUP) regroupe en son sein des délégués du personnel (DP) et un comité d’entreprise (CE), le Code du travail, en son article L2326-3, maintient une autonomie de fonctionnement et de compétences d’attribution au bénéfice des DP.
De cette autonomie découle la conséquence suivante :en plus de leur réunion plénière mensuelle, les DP de la DUP, au cours du même mois, ont la faculté, de par l’article L2315-8 du Code du travail, d’être reçus collectivement par l’employeur en cas d’urgence.
La demande peut provenir d'un ou plusieurs élus - titulaires ou suppléants - de la DUP es-qualité de DP et doit être motivée par la notion d' « urgence ». En pratique, il s'agit de toute circonstance justifiant une prise de décision ou une mesure immédiate - par l'employeur ou son représentant - ne pouvant attendre d'être discutée lors de la prochaine réunion mensuelle habituelle des DE de la DUP (harcèlement, atteinte aux droits fondamentaux de la personne et/ou libertés individuelles, non-respect flagrant de la législation sur l'hygiène et les conditions de travail etc.).
Confronté à une demande de réunion supplémentaire motivée - selon les élus de la DUP agissant comme DP - par l’urgence, l’employeur (ou son représentant) peut réagir de deux façons :
- soit faire droit à la demande ;
- soit refuser d'y donner suite.
Le refus de l'employeur ne peut intervenir qu’en l’absence de circonstances et/ou faits matérialisant l’existence d’une situation d’urgence. Cette absence peut ressortir, notamment, d’une demande de réunion mal formulée par les élus de la DUP agissant comme DP et/ou insuffisamment motivée par eux, la faiblesse des explications et raisons avancées offrant à l’employeur un motif de refus.
À l’inverse, dès lors qu’elle découle d’une situation où l’urgence est tout aussi incontestable qu’avérée, la demande de réunion doit être impérativement satisfaite, l’employeur - ou son représentant - ne pouvant se faire juge de l’opportunité/de la nécessité de tenir une réunion supplémentaire de DP venant s’ajouter à la réunion mensuelle ordinaire de la DUP sauf à prendre le risque de s’exposer à des sanctions dont certaines sont pénales (délit d’entrave de l’article L2316-1 du Code du travail qui prévoit une sanction sous forme d’emprisonnement d'un an et d’amende d’un montant de 3750 €).