À quoi sert ce modèle de contrat ?
Depuis le 1er janvier 2019, le crédit d'impôt en faveur de la compétitivité et de l'emploi (CICE) est remplacé par un allégement de cotisations d'assurance maladie (loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018) de 6 points pour les rémunérations allant jusqu'à 2,5 SMIC. Les entreprises ayant une créance de CICE peuvent l'utiliser pour le paiement de l'impôt de 2019 à 2021 (BOFIP-BIC-RICI-10-150-1§ du 4 avril 2018).
En plus de pouvoir présenter à l'employeur des demandes et réclamations relatives à l'application des lois et règlements de nature sociale, le Code du travail, en son article L2323-26-2, conférait aux délégués du personnel des entreprises de moins de 50 salariés une prérogative spécifique : la présentation de réclamations (sous forme de demande d'explication) relatives aux conditions selon lesquelles avait été utilisée la formule du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) prévue par l'article 244 quater C, I. du Code général des impôts.
Remarque : cette demande d'explication découlait, logiquement, de la consultation des DP (prévue aux articles L2313-7-1 et L2323-26-1 du Code du travail – abrogés par l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017) que l'entreprise utilisant le CICE était tenue d'opérer et qui permettait aux DP de constater, le cas échéant, que ledit CICE n'avait pas été utilisé conformément aux exigences de la réglementation fiscale.
Cette demande, dont le formalisme n'était ni strictement visé ni spécifiquement organisé par le Code du travail, pouvait se présenter sous forme de courrier adressé à l'employeur par un ou plusieurs délégués du personnel (titulaires).
Attention, à partir du moment où l'employeur recevait une demande d'explication sur les modalités d'utilisation du CICE émanant d'un ou plusieurs délégués du personnel, il était tenu d'y apporter une réponse lors de la première réunion collective mensuelle de DP qui suivait la réception de cette demande (article L. 2323-26-2 du Code du travail). Le fait de ne pas répondre exposait l'employeur à des poursuites judiciaires et à des sanctions. Elles étaient pénales : délit d'entrave de l'article L. 2316-1 du Code du travail donnant lieu à emprisonnement d'un an et amende d'un montant de 3750 €.