À quoi sert ce modèle de contrat ?
L'obligation pour l'employeur ou son représentant d'avoir à mettre un local à disposition des délégués du personnel est impérative (cf. article L2315-6 du Code du travail).
Remarque : le local à mettre à disposition des DP n'est pas forcément réservé à leur usage exclusif. Il peut être d'usages ou d'utilisateurs multiples à partir du moment où le principe même du partage et de ses conditions ne fait pas obstacle à sa bonne utilisation par les DP.
De fait, l'employeur (ou son représentant) est tenu de satisfaire à cette obligation, ceci quels que soient, d'une part, la taille de l'entreprise (ou de l'association) et ses moyens en espace ou en locaux, et, d'autre part, le nombre de délégués du personnel élus. Par conséquent, seuls des événements relevant de la force majeure (notamment des circonstances irrésistibles et insurmontables telles qu'un incendie de locaux, par exemple) peuvent exonérer l'employeur, ou son représentant, de son obligation de mise à disposition du local.
De la sorte, et à partir du moment où l'employeur (ou son représentant) ne met pas de local à disposition des DP, soit par refus pur et simple, soit au moyen de manœuvres ou de temporisation dilatoires, les délégués du personnel ont la possibilité de lui notifier une mise en demeure d'avoir à satisfaire à son obligation de fourniture d'un local.
L'intérêt pour les délégués du personnel de notifier une mise en demeure est triple :
- prendre matériellement acte de l'absence de fourniture d'un local et donc de la violation manifeste de l'article L2315-6 précité ;
- avertir l'employeur (ou son représentant) de la suite des événements, notamment la saisine de l'inspecteur du travail ou celle du juge, en cas d'ultime refus de sa part ;
- permettre le calcul d'éventuels dommages-intérêts.
Attention, si l'absence de mise à disposition d'un local pour les DP peut être pénalement sanctionnée (délit d'entrave de l'article L2316-1 du Code du travail qui prévoit une sanction sous forme d'emprisonnement d'une durée de 1 an et d'amende d'un montant de 3750 €), elle peut également donner lieu à une action judiciaire civile et en référé menée contre l'employeur par un ou plusieurs délégués du personnel ou par une organisation syndicale afin d'obtenir, devant le Tribunal de grande instance, une contrainte forçant l'employeur à agir sous peine d'astreinte financière.